Le travail de Marie-France Lesné se situe à la croisée de plusieurs traditions.
En premier lieu, ses créations relèvent tout à la foi de la céramique et de la sculpture. Il est susceptible d'intéresser les amateurs de l'une et de l'autre tradition. Mais il court le danger de décevoir ou de ne pas satisfaire pleinement et l'un et l'autre. L'un aurait aimé l'usage du grès et d'un émail riche et rustique, l'autre serait demandeur de bronze et de dimensions plus imposantes, pourquoi pas en résine.
L'affaire se complique si l'on considère que ce travail se situe aussi à la croisée de deux autres traditions, art moderne et art contemporain. Tel galeriste lui lancera : « Ah, vous devez aimer Hans Arp vous ! ». Un autre évoquera Henry Moore ou Barbara Hepworth.
Pourtant l'œuvre de Marie-France Lesné s'inscrit parfaitement dans la tradition de l'art contemporain. Les sculptures sont la trace d'un geste. Au côté des traces cinétiques de Pollock et des traces gravitaires des jets de plomb de Richard Serra (Splashing, Casting), les pièces de Marie-France sont la trace de gestes qui luttent contre la gravité.
Céramique, sculpture, art moderne, art contemporain, le travail de Marie-France Lesné est tout cela.
Mais encore. Mais encore, car les pièces évoquent. Telle pièce évoque ceci à telle personne, cela à telle autre. Évoquons donc Jacques Rancière en relevant que ces œuvres ouvrent un espace d'interprétation au spectateur émancipé.
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